De 2008 à nos jours !

Fin 2008, la Région wallonne attribuait 4 millions d’euros, pour démarrer le projet de rénovation du site Martinet mais avant toute chose, il fallait avoir un « auteur de projet » pour diriger et coordonner les études et travaux de réhabilitation du site. En application de la procédure des marchés publics et à l’issue de l’appel d’offre, la coordination est revenue au bureau d’étude carolo Dessin et Construction.

Avril 2009Commencement des relevés topographiques et bornage. Dans un même temps la stabilité des anciens bâtiments était contrôlée et des carottages étaient effectués pour sonder la qualité des sous-sol.
Mai / juin 2009Étude et préparation de la réhabilitation des bâtiments et le l’aire exploitée par un entrepreneur. ( au pied des anciennes molettes) Rapports et réunions diverses avec les autorités de tutelles (Aménagement du Territoire Ville de Charleroi et Région Wallonne)
Septembre 2009Préparation des modes et les conditions de marché pour l’appel d’offre concernant le carré de la mine, la salle des pendus et l’atelier à locomotives.
Janvier 2010Après vote et acceptation du budget communal 2010, lancement et dépôt de l’appel d’offres. (Globalement les retards avoisineront 7 à 10 mois sur le planning initial )
Octobre 2010Avec plus de 10 mois de retard le budget de la ville est voté et accepté par la Région Wallonne. Les procédures de marché public peuvent être lancées.
Décembre 2010Marché public de travaux relatif à la restauration des deux bâtiments « Salle des Pendus » et « Remise à locomotives » du site à réaménager.
Cahier spécial des charges S.A.R./2010bis du Martinet Adjudication publique.
Attribution du marché de travaux pour les lots 1 et 2 à la société MONUMENT HAINAUT SA, rue du Serpolet, 27 à Marquain, au montant corrigé de son offre de 665.419,00 € HTVA, soit 805.157,00 € TVAC pour le lot 1 et
532.536,04 € HTVA, soit 644.368,61 € TVAC pour le lot 2, soit un total de 1.197.955,05 € HTVA et 1.449.525,61 € TVAC pour les deux lots cumulés.
Budget 2010 – Service extraordinaire -durée des travaux 15 mois.
Photos des panneaux d’information des travaux
Mars 201121 mars: installation du chantier pour la réhabilitation du site et de la restauration de la salle des pendus, du garage à locomotives et du hangar.
28 mars: démontage de la toiture eternit du hangar et début des travaux à la salle des pendus
Mai 2011 à juillet 2013Les travaux avancent à grands pas sur l’ensemble du site.
Avril 2012: visite du chantier par les autorités.
Août 2013 : reportage mode Hiver 2013/2014 « Les années 30 » (Collection Louis Vuiton, Hermès, Ermenegildo, Agnès B, Paul Smith, Mélinda Glass,…)
Photos des travaux du hangar
Photos des travaux de la remise à locomotives
Photos des travaux de la salle des pendus
Photos des travaux de la salle des machines
Photos des travaux du bâtiment des ingénieurs
Photos des travaux de la cour du charbonnage
Photos des travaux de la rue de la ferme
Photos des travaux de la sous-station électrique
Photos des travaux des bâtiments techniques et administratifs
Photos des travaux du bassin de décantation

Photos de la visite du chantier

Photos du reportage mode
Octobre 2013Journées Découverte des travaux de réhabilitation
Vendredi 25 octobre: journée réservée aux écoles.
Samedi 26 octobre : Journée officielle
Discours, expos, visite des lieux,…
Reportage de TéléSambre

Entre octobre 2013 et avril 2018 la Ville de Charleroi n’a plus fait évoluer le projet et n’a pas recherché des occupants pouvant générer des activités dans les bâtiments fraîchement rénovés.

De son côté, dès le début des travaux (travaux qui étaient prévus pour une durée de trois ans mais qui au final en ont mis 5 ), le Comité de Défense avait sollicité la Ville et son Bourgmestre, Paul Magnette, pour qu’ils fassent fonctionner leur carnet d’adresses afin de trouver des occupants désireux de s’implanter au Martinet afin d’y développer toutes sortes d’activités tournées vers le développement durable et compatibles avec le lieu.
N’ayant aucun retour de la Ville, le comité de défense initie lui-même des projets.
Le plus important était celui de la construction d’un écoquartier autour de la halle couverte comprenant une soixantaine de maisons passives mais aussi la construction d’une crèche qui aurait été établie à l’arrière de l’emblématique salle des machines.
Ces deux projets correspondaient aux besoins de Charleroi qui était en recherche d’habitats nouveaux et de qualité.

Pour la crèche, le besoin était criant sur les anciennes communes de Roux et de Monceau, d’autant que la crèche de Roux fermait ses portes pour s’établir à Gosselies autour de l’aéropôle alors qu’elle croulait sous les demandes d’inscriptions. Totale incompréhension !
Pour consolider son dossier à présenter aux autorités mais aussi à des investisseurs potentiels, le Comité de Défense a reçu, bénévolement, l’aide, l’appui et les conseils de deux architectes:

L’un Bruxellois, de renommée internationale, Luc Schuiten (connu pour son approche utopique et écologique de l’architecture, prônant l’harmonie avec la nature à travers des concepts comme l’archiborescence et la « cité végétale)

http://www.vegetalcity.net/

L’autre Tournaisien, (carolo d’origine); Eric Marchal, premier concepteur en Belgique d’un écoquartier construit en maisons passives.(Site du Pic-Au-Vent à Tournai).


https://www.archistorm.com/ecoquartier-pic-vent-a-tournai-belgique/

Après maintes visites au Martinet et discussions avec le Comité de Défense, nos deux professionnels établirent une esquisse de l’écoquartier et du projet de crèche, en soi une épure suffisamment documentée et chiffrée pour convaincre un investisseur potentiel !

Deux extraits de notre projet « citoyen »

Après des échanges téléphoniques, nous en rencontrons certains et entamons les discussions. La situation n’est pas facile à expliquer car les terrains sur lesquels les constructions devraient s’ériger appartiennent à la Ville et ce sont deux responsables du Comité de Défense qui, dans le cadre d’un projet citoyen, jouent le rôle d’interface entre le Bourgmestre, son administration et les investisseurs.
Cette démarche est faite avec tout le sérieux, l’aplomb et les connaissances nécessaires pour traiter avec les professionnels qui, parfois esquissent un sourire en se demandant s’ils ne sont pas victimes d’un traquenard ou d’une « caméra cachée ».
Deux investisseurs sur les cinq contactés se montrèrent intéressés mais lorsque nous dûmes passer le relais aux services communaux pour des raisons évidentes, nous nous sommes retrouvés devant un mur et un blocage total.

Quoi qu’il en soit, cette initiative citoyenne fit long feu, d’autant que la direction de l’Aménagement Urbain ainsi que le bouwmeester venaient d’interdire, sur le site du Martinet, toutes nouvelles constructions y compris celles destinées au logement, préférant densifier l’habitat dans d’autres secteurs de la ville.

Comme si la Ville avait alors décidé d’abandonner le projet, plus rien ne se passait au Martinet !

Face à cette situation, le Comité de Défense multiplie les initiatives pour dénoncer l’inaction des autorités communales pour promouvoir l’occupation des bâtiments fraîchement rénovés.

Ainsi le comité organise des visites pour la population dans les locaux réhabilités et convoque toute la presse à venir les découvrir (excellent retour dans la presse écrite, en radio et télévision). Pour rappel, l’investissement tourne autour des 1.450.000 euros d’argent public.

Il y aura des concerts, des expositions, notamment l’expo de peintures monumentales et des paysages abstraits du peintre Pierre Debatty, des expositions historiques concernant la commune de Roux dont les émeutes sociales de 1886 et leurs conséquences, sur l’absurdité des guerres 14-18 et 40-45, expo sur le thème de la mine avec présentation de maquettes, d’outils divers… Une attention particulière était aussi portée aux conditions de travail des mineurs, des femmes et des enfants. L’aspect logement et les conditions de vie étaient aussi évoquées.

Expo Pierre Debatty

Toutes ces expositions ont fait à chaque fois l’objet de visites guidées des écoles de Roux et de Monceau et toute la presse était systématiquement invitée.

En 2018, dans la plus grande discrétion, Paul Magnette noue des contacts avec un acteur du monde brassicole déjà actif dans un établissement du centre ville de Charleroi: « la Manufacture Urbaine ». On y produit et vend de la bière notamment aux côtés d’autres activités comme la restauration, la torréfaction, la vente de produits purement locaux comme le pain, le miel, le fromage,…

A l’occasion d’un voyage en France, dans le département de l’Aude, le Bourgmestre visite le village de Cucugnan. Il y rencontre le boulanger, devenu « Meilleur Ouvrier de France » après une reconversion improbable, passant de l’industrie aéronautique et de l’électronique, malgré une fonction au plus haut niveau, à la maitrise de tout ce qui touche à la fabrication du pain.
Avec des variétés de blé très anciennes n’ayant pas connues les pesticides, l’artisan cuit son pain exclusivement au feu de bois dans le respect des méthodes ancestrales.
Grand amateur de pain, Paul Magnette tisse des liens avec le boulanger , Roland Feuillas, et vient à lui parler de l’opportunité de créer, sur son modèle, une boulangerie au Martinet.
Tant pour la brasserie que pour la boulangerie, personne n’est au courant des intentions du Bourgmestre.

Ce n’est que plus tard, à l’occasion d’une conférence de presse qu’il dévoile ses projets pour la reconversion du site du Martinet. La brasserie et la boulangerie y trouveront leur place.
Ci-dessous: lien vers vidéo de Paul Magnette expliquant le projet Martinet
https://www.facebook.com/paul.magnette/videos/472989290666882/

En février 2019, la brasserie s’installe et monte progressivement en capacité de production pour atteindre les 9,… 10.000 hectolitres/an en 2025.
Fin 2025, la société rebaptisée  » Urban Brewery  » réalise des investissements pour brasser quelques 20.000 hectolitres/an.
https://www.facebook.com/Urbanbrewerycharleroi/?locale=fr_FR

Quant à la boulangerie établie dans l’ancienne « halle au locomotives », il fallut d’abord construire un four à bois dimensionné pour cuire 100kgs de pain par fournée et aménager des ateliers pour la production des viennoises, de la pâtisserie, des pâtes… ainsi que construire des chambres froides.
Tous ces travaux commencèrent début 2021.
https://quartierdumartinet.be/index.php/de-lidee-au-concret/imagine-et-realise/

Le début des activités fut prometteur mais rapidement les ennuis techniques entravèrent la production (cabine électrique commune à la brasserie et à la boulangerie sous évaluée en puissance disponible) provoquant des coupures électriques intempestives contraignant le boulanger à ne plus pouvoir travailler sereinement et/ou à devoir jeter des productions en chambre froide.
Pire, il dut louer un groupe électrogène durant quasi une année pour assurer son autonomie électrique, faisant ainsi augmenter fortement les frais de fonctionnement.

Par ailleurs: l’attente de plus d’un an pour l’installation d’une nouvelle cabine électrique, la difficulté de trouver du personnel compétent, conjugué à une « basse attaque politique » contre les gestionnaires de la boulangerie considérés par certains comme « proches du Bourgmestre » et donc supposés avoir bénéficiés de faveurs, mirent en berne les activités de la boulangerie.
La faillite de l’entreprise fut prononcée en milieu 2024.

Depuis rien ne bouge, pas de repreneur en vue, le bâtiment, propriété de la ville est totalement abandonné.

Outre le pôle alimentaire que sont la brasserie et la boulangerie viennent s’installer sur le site: